Extrait de mon TPE :
"C'est donc parti pour la dernière ligne droite, qui va durer jusqu'au 6 juillet. A cette date, le Comité international olympique (CIO), réuni à Singapour, décidera quelle ville accueillera les Jeux olympiques de 2012 entre Paris, Moscou, New York, Londres et Madrid. Si Paris en obtient l'organisation, les JO représenteront 28 sports, 37 disciplines, 301 épreuves, 202 pays, 9 millions de billets à vendre, 20 000 journalistes présents, plus de 30 milliards de téléspectateurs (audience cumulée). Le dossier de candidature parisien fait 646 pages et ne pèse pas moins de 5 kg ! Infrastructures, transports, sécurité, garanties financières... tout y est ou presque. La capitale française y vante ses qualités, ses atouts face à ceux de ses quatre concurrentes. D'après les rumeurs du petit monde olympique, et même des bookmakers londoniens, Paris tiendrait aujourd'hui la corde. La capitale française, et, plus largement, la France, a-t-elle tellement besoin des Jeux ? Première ville mondiale en tant que destination touristique, mégapole moderne d'un des pays les plus riches du monde, Paris est loin de la situation d'Athènes, qui n'a pu se transformer que grâce à l'Olympiade. Pourtant, la fièvre olympique a gagné l'Hexagone.
On évoque la fierté, l'esprit des Jeux, le prestige pour la France, le choc même de l'événement sur la société. “Dans la dynamique d'une ville, les feux apportent des choses qui ne sont pas quantifiables, plaide Pascal Cherki, adjoint chargé des sports auprès de Bertrand Delanoë. C'est aussi un climat, une ambiance. Paris est toujours sortie renforcée des grands événements internationaux. Regardez Paris après les expositions universelles, ce n'était plus le Paris d'avant ».
Au niveau (géo-) politique, tout d'abord, les intérêts et conséquences que pourraient avoir les JO 2012, sur la France sont difficilement estimables. Cependant, on voit se dessiner une éventuelle embellie politique, et, peut-être, une puissance géopolitique accrue. C'est ainsi que la candidature de Paris bénéficie du soutien de toutes les autorités politiques nationales et locales, du CNOSF et du monde des affaires. Les JO dépassent les clivages politiques. Cette union, liée au fervent soutien des Français (90% de la population), ne peut engendrer que des choses positives, pour la vie politique française. De plus, à travers ces Jeux Olympiques, la France pourra montrer son savoir-faire dans maints secteurs, elle servira d'exemple, au monde. Rien ne sera laissé au hasard, et, ce sera l'occasion de montrer la qualité de la France et des Français, aux yeux des autres nations. Si tout se passe comme prévu, si la magie opère, la France y gagnera beaucoup, sur la scène internationale. A commencer par le respect et l'estime des autres grandes puissances mondiales. Mais aussi, une certaine grandeur, une certaine puissance mondiale et universelle.
Mais, la fièvre olympique, ne nous le cachons pas, c'est aussi, pour beaucoup, la fièvre de l'or. Car les enjeux économiques sont colossaux et les retombées espérées énormes. La France entière a tout à y gagner. En terme d'aménagement du territoire, de développement du tourisme (1 % de part de marché touristique mondial en plus), de création d'emplois... La préparation des Jeux olympiques devrait se traduire par l'injection de 6 milliards d'euros dans l'économie française et par la création de 57 200 à 63 700 emplois entre 2005 et 2012. L'après JO pourrait, aussi, être bénéfique, avec 35 milliards d'euros de retombées économiques sur la période 2012-2019, et 42 000 emplois pérennes créés. Ces chiffres font rêver les entreprises françaises. Arnaud Lagardère a ainsi fondé un Club de soutien à Paris 2012 rassemblant 14 des plus grandes sociétés nationales et déjà 300 PME-PMI. Le monde sportif, lui, se frotte les mains : il verra le pays se doter d'équipements remarquables, notamment de la très attendue piscine olympique ; il verra, surtout, le potentiel de l'économie du sport, s'élever à près de 20 milliards d'euros et 20 000 emplois créés, sur dix ans. En plus de tout ça, il existe aussi un "facteur Jeux" plus difficile à quantifier : l'effet multiplicateur de chaque euro injecté dans l'économie locale ; ou encore l'effet "enthousiasme" qui pousse les ménages à consommer.
En outre, l'organisation de la XXXe Olympiade a, également, des enjeux sociaux et culturels : les effets ne se feront pas attendre. Cet impact serait "majeur en matière d'emploi et de formation professionnelle", mais il se ferait aussi sentir dans le domaine culturel ; on annonce, également, une « évolution-révolution » des comportements, dans un pays où l'activité physique présente chroniquement un déficit d'image. De plus, le comité de candidature qui défend le concept des « jeux pour tous » estime que les jeux en France pourraient, aussi, avoir des effets durables en matière de cohésion sociale, d'environnement (premiers Jeux à bilan neutre en émission de gaz à effet de serre (CO2) ; le village olympique et les nouveaux sites olympiques seront des modèles en matière de développement durable) et de handicap.
De plus, pour les sportifs Français, l'organisation des JO à Paris, en 2012, serait, sans conteste, la réalisation d'un rêve, et, un moment d'une intensité indescriptible, qu'ils ne seraient pas prêts d'oublier... Le témoignage de Solenne Figuès (Natation - Médaillée Olympique, Championne d'Europe) en est une belle illustration : "Faire les JO, pour un athlète, c'est magique, Paris est une ville féerique et les Français sauront se transcender pour organiser la plus belle fête du sport. Pour l'amour du sport, de la France, pour l'Amour des Jeux, tous ensemble nous ferons de Paris 2012 un événement inoubliable !".
Enfin, Paris a vraiment besoin des Jeux pour lui-même. Pour se transformer en profitant de l'héritage des Jeux dont le village olympique représentera le symbole pour toujours.
On l'aura compris, le rêve olympique va bien au-delà de la quinzaine sportive fin juillet - début août 2012 et des médailles qui seront distribués à ce moment-là. Dans tous les domaines, les enjeux sont considérables. Les jeux Olympiques écrivent tout simplement l'histoire. Une histoire dont les Français -qui ont tant vibré lors du Mondial 98 de football- aimeraient être les acteurs."
Article d'Eurosport :
Faites vos Jeux
Mercredi à Singapour, les membres du CIO vont faire le bonheur d'une ville et le malheur de quatre autres. Qui de Paris, Londres, Madrid, New York ou Moscou sera l'heureuse élue ? Premiers éléments de réponse avec les atouts et les points faibles de chaque candidature.
PARIS
Favorite du scrutin, la capitale française a obtenu les meilleures "notes" après la publication du rapport de la commission d'évaluation. Le Comité International Olympique a jugé le dossier français comme étant "de très grande qualité". Paris 2012 s'appuie sur des infrastructures reconnues (Stade de France, Roland-Garros,...) qui sont en nombre et ont déjà fait leurs preuves.
Paris et la France possèdent également une excellente expérience dans l'organisation d'événements mondiaux : le Tour de France, la Coupe du monde 1998 et les Championnats du monde d'athlétisme 2003 en sont les preuves plus récentes et peut-être les plus flagrantes. Le comité d'organisation des Jeux Olympiques a également parfaitement pris en compte les désirs du CIO et proposerait, en cas de victoire mercredi, des sites très compacts avec un village olympique très proche de tous les sites, donnant à Paris le visage d'un grand "village".
Pour ce qui est de l'accueil des futurs spectateurs, les infrastructures d'hébergement sont au point et ont séduit Nawal El Moutawakel, présidente de la commission d'évaluation du CIO. Si quelques points sont à améliorer pour répondre au niveau d'exigence souhaité par l'institution olympique, les transports sont également à ranger dans la colonne des atouts. Sur le papier, Paris, hôte des Jeux Olympiques 1900 et 1924, est devant toutes ses adversaires. Logiquement, la ville lumière doit l'emporter. Logiquement...
LONDRES
Derrière Paris, Londres est l'autre favorite dans la course aux Jeux. La capitale anglaise a réussi son examen de passage mais a une petite longueur de retard sur la candidature française. Cosmopolite, Londres est un endroit idéal pour accueillir le monde lors des Jeux Olympiques de 2012. Les sites existants et déjà "utilisables" sont moins nombreux qu'à Paris. Le stade olympique n'est pas encore sur pied. Mais sportivement parlant, le dossier représenté par Sebastian Coe est excellent.
Là où ça se gâte pour Londres, c'est au niveau des infrastructures de transport. Londres doit faire de gros efforts et également s'assurer que la difficile circulation dans la capitale n'affectera pas le bon déroulement de la compétition. Le soutien populaire, s'il existe, est moins important qu'à Paris. Un petit défaut que Tony Blair et la délégation britannique tentent d'effacer en se livrant à un lobbying forcené auprès des membres votants du CIO. Cela suffira-t-il ? Possible.
MADRID
Madrid ferait une excellente candidate... si Paris et Londres n'étaient pas de la partie. La capitale espagnole a peut-être la candidature la plus "humaine". Les Espagnols veulent faire des Jeux de 2012 un événement peu coûteux et "vert". L'écologie est au centre du dossier madrilène et cela a beaucoup plu à la commission d'évaluation dépêchée par le Comité International Olympique. Les sites retenus pour les fêtes olympique et paralympique sont tous très compacts et, pour la plupart, déjà construits (22 sur 35). De plus, Madrid est soutenue par la population espagnole et jouit d'infrastructures de transport au point et déjà suffisamment performantes pour accueillir les Jeux de 2012.
Deux bémols gâchent cependant la candidature ibérique : l'hébergement et la sécurité. La capacité hôtelière est jugée insuffisante pour accueillir les spectateurs du monde entier. En ce qui concerne le volet sécuritaire, les attentats du 11 mars 2004 sont encore dans toutes les mémoires et pourraient jouer un rôle négatif au moment du vote de Singapour. Les activités des séparatistes basques de l'ETA ne plaident pas non plus en faveur de Madrid 2012. Fin juin, l'ETA a fait exploser une voiture piégée près du stade olympique, La Peineta. Même le soutien de Juan Antonio Samaranch ne devrait pas suffire.
NEW YORK
Sauf énorme surprise, la candidature US est d'ores et déjà hors course. Le prestigieux dossier américain a été "plombé" par l'imbroglio du stade olympique. Début juin, la commission de contrôle des dépenses publiques de l'Etat de New York a refusé de s'engager sur l'attribution de 300 millions de dollars au projet de stade à Manhattan, qui constituait la pierre angulaire de la candidature de New York aux Jeux Olympiques de 2012.
Quelques jours après, Big Apple a sauvé sa candidature en trouvant un accord avec les Mets, mais ce retournement de situation de dernière minute n'a pas beaucoup séduit les membres du CIO qui souhaitent prendre le moins de risque à l'heure du choix fatidique.
MOSCOU
Malgré la confiance affichée par le maire de Moscou, Youri Loujkov, la capitale russe ne sera pas l'hôte des JO 2012. En effet, le dossier slave a peu de points forts lorsqu'on le compare à ceux des quatre autres concurrents. La commission d'évaluation est même allée jusqu'à dire que la planification était "insuffisamment détaillée" et que le dossier de candidature manquait "d'informations". Vous avez dit rédhibitoire ?
Eurosport - Maxime DUPUIS [04/07/2005]



