290 - Lust, Caution

290 - Lust, Caution
Inspiré par Tony Leung et Tang Wei


Guère de franchise. Guerre de hantise.
MUR du sang blanc du semblant du sans blanc du MUR


Gare au regard.
Jets d'anges : danger !
Jade est porte : porte déja !
Jeux de lèvres, je de fièvres.

S'ouvrir-gémir-soupirer-sourire-s'inspirer-frémir-s'épanouir
S'oublier-se saisir-se noyer-se réjouir-s'imager-et mourir

Joues roses, jouent proses.
Joie d'aimer : des mais j'oit !
J'erre osée : rosée j'ai !
Des ires au désir.



MUR du sang blanc du semblant du sans blanc du MUR
Fissure de franchise. Fille sûre de hantise.
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# Posté le mardi 22 janvier 2008 15:09

Modifié le lundi 11 février 2008 14:36

289 - Plaiesirs peau-et-tics

Hommage à Henri Chopin.

Le Roi est mort. Vive les Rois !

Désarroi des rois des arts, voici Charles Pennequin et Cuhel :



Charles Pennequin


LA VIE C'EST CRADE

la vie et dedans
l'envie et dedans
seulement la vacuité
de l'envie
fait crade

ou cadre

un cadre de vie

c'est le craspec
de toute chose
qui se donnerait à être
qui se donnerait
purement et simplement
sans brouillage

mais nous sommes brouillés

alors il nous faut
nous dé-brouiller
nous dé-merder
avec ce qui nous reste
de crade
pour rendre à peu près dicible
ce qui aurait pu se vivre
ce qui aurait pu être
sans que l'on ne voie là
que nos dépassements techniques

je me dépasse techniquement
=
je suis un dépassé

et je vis la révolution
dans une actualité
qui fait de moi
un révolu

il s'agit de transcrire ici
l'idée que le révolu
pourrait se révolter
le cas échéant
si l'envie lui avait passé

de vivre


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On tournerait autour des tables et on ferait la fête. On tournerait on serait dans la fête. La fête est une table où ça tourne. On aurait nos têtes mortes. On tournerait. On serait nos têtes et la mort. On aurait des visages troués et qui tournent. Nos têtes tournées. On serait dans la fête. C'est la fête les bras ballants. C'est la fête des gens qui tournent et une table. Une table où tourner. Tous en tournant avec nos trous dans le visage et les bras qui ballottent. L'air et le ballottement. Et on aurait nos trous. On ferait de nos visages nos trous. On ferait la vie en tournant tout autour. La fête serait présente grâce à nos envies de nous réunir. Nous ne dirions rien. Nous tournerions. Ça tournerait sans cesse en nous. Et nous-mêmes des tournants. Et nous mêmes des faces de trous comme des culs. Les culs profonds de nos faces. Comme la profondeur d'un trou du cul nos visages. Comme un parallèle qui s'épouse. La parallèle du cul est une face. Et nous tournerions. Nous serions prêts à la fête. La fête est en nous. La fête est autour d'une table où ça tourne. Et ça tournerait en nous avec nos bras qui ne font rien. Ça ferait rien d'avec nos mains. Nos mains ne tiendraient rien. Nos tête en forme de cul sans fond non plus. Nos formes de cul qui tournent debout.

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MALADE D'AMOUR

t'es malade d'amour hein t'es malade d'amour hein t'es malade d'amour qu'est-ce tu fais dans la vie à part être malade tu fais rien tu souris bêtement à la vie pourquoi tu souris bêtement à la vie parce que t'es malade d'amour hein t'es malade d'amour et tu souris bêtement à la vie et tu penses à rien c'est une bonne maladie ça dis donc ben oui c'est bon hein c'est que j'suis bien malade hein en ce moment j'suis malade d'amour hein j'suis bien malade d'amour moi en ce moment j'suis pas qu'un cérébral hein parce que les cérébrals eux ils sont pas entiers tandis que moi j'suis entier les cérébrals eux ils sont pas malades d'amour hein les cérébrals ils sont pas entiers comme moi hein ils sont pas malades d'amour comme moi moi si j'étais eux je serais pas que cérébral hein car je fais tout marcher je fais marcher les muscles comme j'ai la maladie les muscles ils réagissent aussi comme j'suis malade d'amour hein j'suis malade d'amour et le cerveau il est pas tout seul à travailler c'est tout qui travaille eux les cérébrals ils ont que le cerveau hein mais tu peux pas être uniquement cérébral si t'es malade d'amour hein parce que t'as la bite aussi y'a pas que le cérébral qui tourne dans la vie c'est la bite aussi quand t'es malade d'amour hein y'a pas que le cerveau dans la vie quand t'es malade d'amour hein quand t'es malade d'amour c'est tout là-dedans que t'es c'est dans la bite aussi que ça tourne quand t'es malade d'amour t'as pas que le cerveau ou alors t'as la bite dedans et elle tourne elle est dans ton cerveau hein et le cerveau il tourne aussi le cerveau il est tout maboule le cerveau parce qu'il est dans la bite et c'est la bite qui pense hein c'est la bite qui devient cérébrale quand t'es malade d'amour t'es cérébral de la bite quand t'es malade d'amour hein t'es malade d'amour hein t'es malade d'amour t'es malade d'amour hein t'es malade d'amour hein

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Cuhel


BELLE EPOQUE

époque avide de SUBSTANCE(s) qui regorge de sondeurs et de vendeurs d'âme(s), de bellâmes enculbénitées ou cucultivées en mal de bonheurs éterrés, de paradis techni-excisés et de mirages psychédélico-spirituels, de chercheurs d'âme dont les gesticulations new look, les délires newâgeux et les divagations newâgesques mettent en branle les soufflets à Mode, remplissent les discours ensectés et médiatisés — ainsi que les caisses du Fonds planétaire excrodémanciel —, diffusent des ions positifs captés par toutes les têtes branchées, ces décervelés-qui-ne-veulent-pas-se-prendre-la-tête ;


du Grand Marché dérégulé de la Dématérialisation, où le Must plus ultra est de se décorporiser pour s'envoyer en l'ère du 3w, s'éclater à mort dans l'aire w-dimentionnée — d'ouvrir une fenêtre sur un Azur bureautiqué : c'est alors que, propulsée par 144 000 octets qui entonnent un hymne silencieux à la gloire de la forme hâtique, apparaît dans l'empirée des signes une souris zélée qui vous ouvre les voies impénétrables de la cyberextase — ;


époque d'âmondanité où l'âmerie suinte de la bellimagerie immondialisée qui a enseveli le réel sous des pellicules d'épinaleries insipides, d'élucubrations âmifientes et de clichés néo-réalistico-humanistico-postmodernes ; où sur les ondes il est impératif d'arborer le pavillon de l'Ame — que l'on porte sur sa mine et sur la langue — et, dans les grandes occasions, de pratiquer le supplément d'âme (hautement tarifé !) ;


où l'on ne peut que positiver puisqu'on gère les pleins : d'essence, de sens, de santé, de hobbies, de lubies, de lobbies, de phobies, de profits, de provisions, de prévisions, de stocks, de stocks en trop, de stocks de tropes, de stocks de toc, de stocks options, de stocks de communication, de stocks de lisse, de stocks de lisibilité pédagogo-communicative, etc.


---

Extrait de POSITIV'S SPOT

[...]

envies de fête fête des envies faites-vous envie faites vos envies désirs de fête fête des désirs faites vos délires cassez votre tirelire sans modération faites-vous plaisir parce que vous le valez bien parce que vous le voulez bien fête des plaisirs faites la fête fête des délires plaisirs de fête faites pas la tête mais faites la fête fête des envies envies de fête délires de fête fête des délires délits d'ennui des lie-de-vin défits de fête désirs de délires désirs de désirs délires de désirs désirs de fête défits d'envies défaites de tête des fêtes de fête défaites vos ennuis et tout ce qui vous nuit nuit de fête fête de nuit défit de nuit désir de nuit délire de nuit plaisir de nuit ne nuit pas nuit de délire cassez votre tirelire parce que vous le valez bien parce que vous le voulez bien décidez-vous soyez pas triste soyez pas lisse soyez Alice entrez en lice et en malice faites-vous délice faites vos délices faites vos délires déliez-vous délurez-vous délivrez-vous enivrez-vous envie de nuit envie de vie vie d'envies soyez envie l'envie ça vous ennuie la vie sans ennui ça se fête perd pas la fête mais perd la tête faites pas la tête mais faites la fête casse ta tirelire et tire la lyre nuit de dé-lyre délire de fête pas de casse-tête pas de prizdetête délire-toi et baisse la tête pour faire la fête fais pas la tête adonf la teuf teufteufteufteufteufteufteufteufteufte

mare des prizdetête ?
faites la fête
faites-vous plaisir avec
FUN prizdepèzemare des blabla ?
soyez sympa
faites-vous plaisir avec
FUN plusdebaisemare des prêchi-prêcha ?
mare des rabat-joie ?
soyez sympa
voyez la vie sans hic
profitez
du réchauffement climatiqueAvec POSITIVE ATTITUDE, voyez la vie en must !

mare des croque-morts ?
n'ayez pas tort
profitez
de votre mort


[...]

---

BRAVE NEW CULTURAL WORLD

nous les KaKabedonnés KaKabidonnés KaKapitonnés KaKapitralistes KaKapitréalistes KaKapipi-à-listes KaKapipi a-idéalistes

nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des

nous la gentdeZactionnaires des gentils des jantés des argentés leZartortionnaires nantis leZactionnaireZanti- anti-réactionnaires

nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des

déKrétons la RÉVOLUTION ! HotZons ! hotZons la révolution révolutionnaire la révolution revolving la révolution KuKultuelle la révolution KuKulturelle la rêvabolition des privilèges hotZons épingler les privilégiés de la Haute Culture hotZons en finir avec les priZdetête et les têtes d'oeuf priZdebénef = plus-value = no more priZdetête = no more tête d'oeuf

nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des

DémoKratiZons ! pour cela il faut être réaliste c'est une nécessité nécessaire il faut nécessairement trouver un abominateur commun il faut nécessairement un sage vent de KaKalcul un chaKalKul Royal e = nc2 e com élémentaire mon cher λ il faut être réaliste c'est l'aquoidroiture du cirque infernal allons jusqu'au bout allons jusqu'au boutdubout de la démagcrachie

nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des

poZitivons ! poZitivons la KultuR crottons ses valeurs en Bourse déboursons pour des PCA (produits à cogitum appauvri) soyons Klean soyons Kool soyons Kitch

soyons KKK vive le Ku-KultuR-Klan !

nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des eggheads nous on a la haine des


# Posté le vendredi 04 janvier 2008 19:17

Modifié le samedi 05 janvier 2008 16:19

288 - Lucie Azard (01)

288 - Lucie Azard (01)
Le fruit du Azard

Fille folle frêle fière fraîche fine forte et pleine de failles.

C
réatrice inspiratrice oxygénante et si nante.

Demoiselle des moi d'émoi d'elle et d'aimante.

Artiste en piste en schiste animiste et pleine d'ent(r)ailles.

# Posté le lundi 31 décembre 2007 10:10

Modifié le samedi 19 janvier 2008 15:51

287 - Savoir lire pour vivre autrement

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Dissertation littéraire

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« Tout homme qui sait lire a en lui le pouvoir de multiplier ses modes d'existence, de rendre sa vie
pleine, riche, intéressante et significative. » - Aldous Huxley

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Introduction (P.01) :

La lecture est un mystère. En effet, à l'ère du consumérisme, de la productivité et de l'information facile (Internet), les hommes lisent toujours autant de livres. Que ce soit pour s'isoler, s'évader, apprendre, se divertir ou se cultiver, que ce soit par contraintes ou par passion, que ce soit pour soi ou pour d'autres, savoir lire est devenu comme une nécessité.
Et puis, la lecture est magique : pour Aldous Huxley, lire donne du pouvoir, un pouvoir qui nous transforme. Ainsi, quand il écrit que "Tout homme qui sait lire a en lui le pouvoir de multiplier ses modes d'existence", nous nous demandons d'emblée si nous "savons" lire et si ce savoir vient du livre (ou par le livre). Ensuite, il convient de se demander si ce fameux "pouvoir" vient du savoir, et comment, dans une démarche introspective ("en lui"), celui "qui sait lire" parvient à "multiplier" les possibilités d'existence. Quand Huxley ajoute que celui "qui sait lire" a le pouvoir "de rendre sa vie pleine, riche, intéressante et significative", nous nous demandons s'il n'exagère pas un peu, et même si alors, il ne vaudrait pas mieux lire que vivre... L'existence est une "sortie de soi" ("ek-sistere") et le pouvoir de la lecture, en multipliant ses modes, semble nous ouvrir à de nouvelles expériences, à une vie profondément changée. Si les différents modes d'existence emplissent notre vie, l'enrichissent, lui donne de l'intérêt et de la signification, il nous semble que certains lecteurs ne "savent" pas lire (sinon : il y aurait moins de malheureux...). Mais, dans quelle mesure la lecture a-t-elle le pouvoir de nous faire exister différemment, et comment transforme-t-elle notre vie ?
Déjà, un savoir intérieur peut nous faire exister de diverses manières. Quelles existences, avec un tel savoir, la lecture nous procure-telle ? Ces existences, de toute façon, peuvent bouleverser notre vie.


Développement (P.02-08) :

Aldous Huxley ne parle pas du lecteur 'lambda', il parle de celui "qui sait lire". Nous devons d'abord pouvoir comprendre la nature de ce savoir, et, ce qui fait la différence avec ceux 'qui ne savent pas'. Cette première partie est, donc, une initiation à la lecture, à l'intériorité ("en lui") et au pouvoir magique des livres.

[...Blanchot, Proust, Mallarmé, Rios...]

Ainsi, l'initiation du lecteur (par la libération, la solitude, le silence et l'avenir) lui confère trois pouvoirs basiques (herméneutique; palimpseste; et, de jugement -rapport des livres aux choses) qui peuvent aboutir à divers modes d'existences, tels le jeu, le rêve ou la recherche...


Les différentes existences (en tout cas, les différents modes) que nous (les lecteurs initiés) acquérons par l'expression d'un savoir intériorisé, peuvent être 'classées' selon trois vecteurs : le mode artistique (esthétique, rythme, sensibilité aux images); le mode fantastique (découverte et aventures dans un monde de rêves, de jeux, mais aussi d'apprentissage); le mode fantasmatique (par identifications aux personnages, par 'rencontres' bouleversantes, par émotions nouvelles). Nous verrons, alors, que ces modes transforment notre vie.

[...Blanchot, Baudelaire, Rabelais, Butor, Meens, Anouilh...]


Conclusion (P.09) :

"Tout homme qui sait lire a en lui le pouvoir (...) de rendre sa vie pleine, riche, intéressante et significative" par la multiplication des modes d'existence que le 'savoir-lire' procure. Ainsi, la vie du lecteur peut s'emplir (quantité) par d'avantages d'images, d'avantages d'idées, d'avantage de sérénité (identité retrouvée). La vie du lecteur peut s'enrichir (qualité) par une existence plus intensément artistique, plus intensément ludique, plus intensément originale. La vie du lecteur peut devenir plus intéressante par ses pouvoirs de comparaisons accentués ("inter-est" signifie étymologiquement "entre les êtres"), par ses modes d'existence lyrique, herméneutique, didactique... La vie du lecteur, enfin, peut prendre de la signification, grâce à la confrontation identitaire qu'elle permet, grâce à un mode d'existence cathartique ou erratique, grâce à... l'écriture.
Ainsi, à travers une lecture solitaire, silencieuse et libre, nous pouvons sans cesse renouveler notre vie, et dire, avec Maurice Blanchot, "A elle, je dis éternellement 'viens', et éternellement elle est là."
(L'Arrêt de Mort).


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Ma copie en intégralité : 01 - 02 - 03 - 04
05 - 06 - 07 - 08 - 09

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Note : 12/20.
A améliorer : Manque d'exemples 'concrets', analyse déficitaire des qualificatifs appliqués à la vie,
et donc, omission partielle des 'dangers' de la lecture.

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# Posté le mercredi 26 décembre 2007 15:40

Modifié le dimanche 13 avril 2008 12:53

286 - Les Paroles et les Actes

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Dissertation philosophique

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Introduction (P.01) :

L'immatérialité apparente des paroles leur confère souvent une importance moindre que les actes : "ce ne sont que des paroles". Mais les paroles semblent aussi des actes, ne serait-ce que des "actes de présence", car la parole actualise notre rapport à autrui, par l'ouverture du corps. Ce rapport au monde que la parole permet paraît toujours effectif, dans le sens où la parole est actuelle à chaque fois qu'elle se "donne". Pourtant, habituellement, un acte "facile à dire" n'est pas aussi "facile à faire", comme si le langage et le mouvement du corps étaient difficile à concilier, les actes de langue étant alors complémentaires des actes corporels. Cependant, "dire" et "faire" peuvent être virtuels, c'est-à-dire que les actes consistant à "dire" et à "faire" réalisent ce que nous pouvons dire et faire. C'est le passage de la puissance à l'acte qui s'effectue.
Dire n'est pas parler, car nous pouvons "parler pour ne rien dire", le "pour" désignant l'intention de ne pas modaliser (ou intoner) la parole, et, si parler peut aller "sans dire", c'est que les paroles peuvent être prononcées, énoncées, ou simplement exprimées. Parler semble extérioriser, mettre quelque chose à distance (des paroles, hors du corps), sans pour autant faire discours, comme si la parole ne se réduisait pas à une fonction de communication. Les paroles nous semblent constitutives de notre être car elles nous ouvrent au sens, tout en formant notre corps, par le langage qu'elles mettent en mouvement. Comment croire que les paroles ne pourraient qu'être en puissance puisqu'elles semblent s'actualiser à chaque fois que nous parlons ? Mais, si elles ne sont qu'en actes, alors comment pourrait-on "prendre" la parole ? Peut-être est-ce justement cette prise de parole, qui actualisant le langage, ne fait acte que si nos paroles se donnent. Mais les actes peuvent-ils "se passer" de paroles ? Agir "en silence", est-ce agir sans parler ?


Développement (P.02-08) :

Les paroles peuvent être comprises au sens du "logos" grec, lui-même dérivé de "legein", et du verbe "legere". C'est ainsi que la parole d'un seul a donné le monologue, et la dernière parole a induit l'épilogue. Ce qui nous fait comprendre que des actes "analogues" ne sont pas des actes identiques, mais des actes basés sur les mêmes paroles. [...]

Il peut nous apparaître évident que nos paroles nous appartiennent, qu'elles nous identifient. Pourtant, si l'enfant est "celui qui ne parle pas" ("in-fans"), ce n'est pas parce qu'il n'en a pas le pouvoir, mais bien plutôt parce qu'il ne s'est pas approprié les paroles. [...]

Nous pourrions dire que lorsque nous parlons sans nous en rendre compte (inconsciemment), nous sommes parlés, et donc, nous avons les paroles en puissance. En effet, les paroles prononcées alors ne sont pas actuelles car elles sont imitées ou répétées. [...]


Comprendre que les paroles peuvent être des actes, à condition que ces paroles soient prises dans/par un corps, ne nous aident pas pour autant à cerner les rapports du don de paroles à la prise de parole. [...]

Mais, ce double mouvement entéléchique suppose au moins deux choses : l'identification (en tout cas, l'identité de l'âme au corps) et la sortie du silence (la prise de parole). Sortir du silence est une action par la parole, une actualisation du silence. Ainsi, le silence peut être compris comme une parole tue. [...]

Mais, pour comprendre comment les paroles peuvent devenir actes (et non seulement actions), et ainsi, comprendre que nos actes dépendent de nos paroles, il nous faut revenir sur l'identifiction. [...]

C'est lors de l'identification "symbolique" que l'Autre forme l'espace propre de l'enfant, espace propre à sa prise de parole. L'enfant prend conscience de lui, de ses paroles, parce qu'il y a l'Autre. [...]


Conclusion (P.08-09) :

Les paroles actualisent le langage en réalisant la prise de conscience de notre corps : les paroles en puissance identifient un "parlêtre" (J. Lacan) au lieu de l'Autre. Prendre la parole qui a été donnée, c'est "rompre" le silence, c'est-à-dire "couper" la parole à la solitude. La prise de parole est une prise de position, au monde, c'est une action donnant sens au monde. Mais ce n'est que le "main-tenant" de l'entente,
dans l'écoute (écouter, ensemble, les paroles) qui transforme les paroles en actes, à la lumière de la temporalisation (M. Blanchot disait : "Maintenant, étrange rayon"). Donc, les paroles, constitutives de l'homme, permettent ses actes : par l'Autre, l'homme prend la parole; par l'autre, l'homme tient sa parole; la parole en acte devient ainsi un acte en parole. Si nous oublions souvent les paroles qui sont derrière les actes, c'est parce "qu'on dise reste oublié derrière ce qui se dit dans ce qui s'entend"
(J. Lacan) : c'est dans l'entente que "prendre la parole" devient un "prendre acte". Alors, si nous sommes "responsables" de nos actes, ce n'est qu'à condition que nos paroles soient entendues.

Mais alors, n'y a-t-il pas d'acte sans parole ? Que serait un acte a-logique ? Un acte de ce type ne peut être qu'un acte "court-circuitant" les paroles qui, pourtant, sont à notre disposition. Quand les paroles se dissolvent-elles, quand sont-elles absentes ? Nous pensons à la jouissance... Mais est-elle un acte ? Elle semble plutôt un processus d'actualisation. Alors, quels actes pourraient être sans paroles ? Les actes où la parole entre en conflit, et s'évanouit :
L'acte d'écrire, acte solitaire, anime le corps sans l'Autre. Et, si "l'écrit n'est pas à comprendre" (J. Lacan, Séminaire Encore), c'est parce qu'il est acte sans parole. Acte génial (c'est l'inspiration qui nous anime).
L'acte d'aimer, acte hasardeux, anime le corps par "l'ob-jet a", ce reste, cette trace que J. Lacan nomme "cause du désir". L'acte d'aimer donne, plus que tout, des paroles en puissance. Actualiser ces paroles, parler d'Amour, c'est "une jouissance en soi" (ibid.). Donc, la fin des paroles.


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Ma copie en intégralité : 01 - 02 - 03 - 04 - 05 - 06 - 07 - 08 - 09

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Note : 12/20.
A améliorer : La conceptualisation de l'acte, notamment en son sens praxique.
La clarté de la conduite réflexive.

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# Posté le vendredi 21 décembre 2007 14:27

Modifié le vendredi 15 février 2008 12:17