295 - Le Processus culturel

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Dissertation littéraire

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« La culture est fille du plaisir et non pas du travail. » - Ortega y Gasset

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Introduction (P.01-02) :

La culture commence avec l'apprentissage de la langue maternelle : au-delà de l'imitation, la culture s'acquiert par la parole, par la lecture, par l'écriture. Si l'école aide à développer cette culture, c'est d'abord par souci d'éducation et de liberté : la culture donne les bases de notre vie sociale.
A l'origine, le mot "culture" (du latin classique "cultura") était un terme strictement agricole, pour désigner ce qui croissait, ce qui se transformait par rapport à un état naturel. Au sens figuré, la culture est la fructification des facultés intellectuelles, tant d'un point de vue qualitatif que quantitatif. L'écrivain espagnol Ortega y Gasset utilise une métaphore plus humaine que celle du fruit : pour lui, la culture est née d'un enfantement. Il écrit, en effet, que "la culture est fille du plaisir et non pas du travail", c'est-à-dire que le travail rete stérile sans plaisir, et, peut-être même que la culture ne se développe que par le plaisir. Pourtant, si l'on poursuit la métaphore, il convient de rappeler que l'enfantement ne se fait pas sans douleur, même si l'origine en est celle du plaisir. Alors, jusqu'à quel point le plaisir peut-il, seul, aviver l'apprentissage et l'amélioration de l'intellect ? Sans doute, le plaisir finit-il par devenir une passion, qui, poussée trop loin, peut mettre en danger la culture : obsessions (par exemple, pour un même livre ou un un même thème), bibliomanie ou graphomanie (lire ou écrire sans distinctions ou sans choix). Face à ces tentations et dérives, seule la rigueur semble pouvoir apporter une limite, un contrôle. Ainsi, le "plaisir" (du latin "placere") est d'abord ce qui plaît, c'est-à-dire ce qui agrée ou satisfait une envie : c'est un effet affectif. S'il n'y avait pas de limite, la recherche du plaisir se perdrait, à un moment ou un autre, dans un retour à l'état naturel. L'un des premiers instruments à avoir été utilisé pour la culture (d'abord agricole), c'est le "tripalium" (du bas latin, signigfiant "trois pieux") qui, par métonymie, donna "travail". Le "travail" est donc, d'abord, ce qui va à l'encontre du plaisir; c'est la souffrance indispensable au contrôle des passions. Comme il est impossible de faire un enfant tout seul, comment ne pas penser que la culture est fille du plaisir et du travail ? Si le plaisir tient le rôle de la mère, ou de son désir d'enfant, le travail n'est-il pas le "loi du père", ou celle des souffrances de l'accouchement ? Dès lors, en tant que "fille de", la culture est à envisager comme oscillation (recherche d'équilibre ?) entre deux principes complémentaires. Ortega y Gasset pose le plaisir comme premier; mais, dans la culture, comment se passent les différentes transformations (acquisitions), et surtout, dans quelle mesure le plaisir peut-il se passer du travail, dans le développement culturel ?
Il s'agit de d'abord comprendre comment la culture est enfantée, comment elle se développe, et dans quelles directions. Ensuite, nous serons amenés à interroger l'étendue et les limites du plaisir par rapport à la culture, et donc à cerner l'apport du travail. Nous pourrons enfin remarquer que la distinction entre plaisir et travail n'est pas la plus pertinente dans le processus culturel.


Développement (P.02-14) :

Par "culture", nous entendons d'abord acquisition et fructificatoion de l'intellect en vue d'un épanouissement, donc d'un développement de ce qui est propre à l'homme (et propre à chacun). Par extension, nous pourrions dire que la culture est aussi le savoir ou la somme des connaissances et valeurs apprises et acquises. En tout cas, il s'agit de comprendre l'étendue et la fécondité du processus d'enfantement et de métamorphoses qui éclaire et enrichit la vie. Toujours "work in progress" et "long shot", la culture évolue au long de notre existence, selon ses différentes modélités : le savoir-lire, l'ouï-dire et l'intertextualité.
[...P. 3-5 : Marcel Proust, Pierre Bayard, Maurice Blanchot, Julien Gracq...]

L'importance de l'imaginaire dans le processus culturel nous suggère que la culture est d'abord "fille du plaisir" : en effet, ce qui affecte agréablement, ce qui donne staisfaction, c'est bien plus le rapport intime à soi par l'oeuvre que l'espace social dans lequel elle s'inscrit. Lire, c'est d'abord assouvir une curiosité et un désir : curiosité pour les mots et l'imaginaire qu'ils peuvent offrir, désir de se divertir, d'apprendre ou de se comprendre. D'abord, plaisir narcissique d'explorateur ("je" découvre son pouvoir) et jouissance d'un monde nouveau et exaltant (comme Candide se cultivant dans la naïveté, dans le conte voltairien). Ensuite, l'espace s'élargit : plaisirs d'en parler, de faire des rapprochements (intertextualité), de partager son "point de vue"... mais dangers de s'y enfermer, de s'aveugler, d'en faire une obsession, de manquer de distance critique.
[...P. 5-10 : Marcel Proust, Christian Prigent, Julien Gracq...]

Limiter, libérer, éclairer : les apports conséquents du travail ne font pas oublier pour autant que sa rigueur, souvent source de souffrance, risque d'entraver la culture de l'imaginaire, car, dans ce dernier, c'est le plaisir qui est "au travail". En effet, dans le processus culturel, le plaisir nous travaille tellement que le travail peut, à son tour, devenir un plaisir : la prise de conscience libératoire peut nous plaire... jusqu'à en altérer la capacité à différencier le plaisir du travail et le travail du plaisir. La continuité et la complémentarité des deux notions reste un mystère, propre aux rapports de la langue à l'imaginaire et de l'écrit à la parole, qui ne peut être élucidé sans la mise en jeu d'un concept fondamental au processus culturel : en tant que développement, fructification et transformation, la culture est soumise, est livrée au temps. La stratification d'espaces dans le processus culturel est ainsi en rapport à la disposition d'une bibliothèque virtuelle temporalisante.
[...P. 10-14 : Marcel Proust, Christian Prigent, Julien Gracq, Valère Novarina, James Joyce...]


Conclusion (P.14-15) :

Si la culture est un processus enrichissant notre vie en la transformant, c'est sans doute parce qu'elle évolue par enfantements, métamorphoses et transfusion d'espaces et de temps. Tissage d'un 'work in progress' et d'un 'pleasure in progress', la culture n'est fille du plaisir qu'à condition d'être s½ur du travail. Savoir-lire, intertextualité et (ouï-)dire modalisent notre bibliothèque virtuelle, selon l'interface imaginaire disposant l'entre-deux en scène de guerre : bibliothèque intérieure (intimité) face à bibliothèque collective (communauté), la fictionnalisation face à la temporalisation. Jouer à disposer des espaces revient à s'opposer au temps, et, s'exposer au temps nécessite d'imposer des espaces. Dit autrement, la culture noue l'explosion du temps et l'implosion de l'espace, par le vide de l'écrit et le miracle du monde. Ainsi, la culture est une 'famille' toujours différente où plaisir, travail, espace et temps changent de place à mesure que l'homme se lie, ou se délie, à l'autre.
Anaïs Nin l'écrit dans son "Poème pour l'homme hors du temps" (Journal de l'Amour, 1932-1939, P. 998,
24 juillet 1937, je souligne) :
"Le temps n'est pas fait pour soi-même, le temps appartient à l'autre. Pour soi-même, il n'est pas de temps. L'univers évolue autour des besoins, des désirs, des humeurs de chacun. Le temps est fait pour celui à qui on a fait une promesse, comme pour un miracle, et si l'autre est en retard au moment où on l'attend, le miracle n'a pas lieu. Le temps est fait pour celui qui vient à votre rencontre avec toutes ses attentes, il n'est pas fait pour soi, ce soi prêt à vagabonder, à rêver, à se perdre dans l'infini. Le seul univers privé de temps est notre univers intérieur. Le temps signifie l'heure du rendez-vous avec l'autre, et il est nécessaire pour que s'accomplisse le miracle du contact, le miracle de la rencontre, le miracle de toucher et d'aimer.
Dans l'immense espace vide où nous sommes perdus, l'heure est cet instant décidé même par les planètes lorsqu'elles souhaitent se rapprocher les unes des autres, ou même s'éclipser l'une l'autre ! Ou alors, il n'y aurait pas de conjonctions."
Ou alors... il n'y aurait pas de culture.


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Ma copie en intégralité : 01 - 02 - 03 - 04 - 05 - 06 - 07 - 08 - 09 - 10 - 11 - 12 - 13 - 14 - 15

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Note : 15/20.
A améliorer : La transmission de mon expérience concrète en tant que lecteur.
# Posté le samedi 08 mars 2008 08:40
Modifié le samedi 03 mai 2008 11:26

294 - Thomas Braichet (1977-2008)

294 - Thomas Braichet (1977-2008)
un CONTE DE F_ inachevé.
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# Posté le mercredi 27 février 2008 13:15
Modifié le lundi 14 avril 2008 12:22

293 - Psyborg : Transhumanisme

293 - Psyborg : Transhumanisme

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“Si j'étais Beethoven, ce film serait un peu ma 'Huitième Symphonie'” (PCW) : entre sa trilogie cathartique et traumatisante sur la vengeance et son ambitieux essai sur les vampires, Park Chan-Wook nous offre en effet une oeuvre aux accents résolument optimistes, joyeux et lumineux. Mais, attention, ce bijou n'a rien d'une comédie romantique classique et sa légèreté oxygénante n'altère absolument pas la fabuleuse folie de l'ambiance, la prodigieuse profondeur des paroles et la virtuosité vivifiante de la réalisation. Passons sur l'esthétique visuelle, pourtant savoureuse. Passons sur le montage (vive le numérique), pourtant impressionnant. Passons même sur la musique, pourtant magnifique. Attardons-nous plutôt sur la topologie originale de l'ensemble : il y a le monde (société d'artifices mais société pleine de bonne volonté), il y a l'espace psychiatrique (”...ceux qui sont un peu plus angoissés que la normale sont placés en asile psychiatrique. Incompris par les adultes dans un monde de faux-semblants, les enfants sont certains que leur univers est stable et logique. De même, les schizophrènes se créent leurs propres mondes et s'y enferment. Cet asile est donc un grand jardin d'enfants. Chacun des fantasmes, chacune des illusions des patients fait sens dans leur univers à part. Et lorsque leurs mondes personnels se rencontrent dans une réalité semi-virtuelle, cela suscite une grande clameur.” -PCW) et il y a... l'Amour. Young-Goon (Lim Soo-Jung) “est persuadée d'être un cyborg. Elle refuse de s'alimenter préférant sucer des piles et parler aux distributeurs automatiques” : elle aime les machines car ces dernières ont un sens, elle a peur de l'oralité (angoisse de perte), elle est traumatisée par sa grand-mère alzheimerisée (cette dernière ne mangeait que des rat-dits et se pensait comme mère de... souris). Il-Soon (Jung Ji-Hoon alias 'Rain', megastar asiatique de la K-Pop) est un schizophrène, anti-social, cleptomane et narcissique, il a peur de disparaître (angoisse de mort-scèlement), c'est pourquoi il vole les qualités des gens... Mais l'avoir ne remplace pas l'être. Il a surtout le pouvoir du transfert car il connaît la puissance des signifiants. Ce pouvoir restera stérile jusqu'au jour où il 'tombe amoureux' de Young-Goon. Là, il croit en elle, et, la faisant dépasser ses peurs, grâce à l'imaginaire intensifié qu'ils ont bientôt en commun, parvient à se défaire de sa mère. Le transfert devient d'amour et... le sens de la vie montre enfin son échec. Psychanalytiquement parlant (car PCW, en plus de sa formation philosophique et de son génie artistique, semble y comprendre l'essentiel), le psychotique Il-Soon se sauve de son enfermement en sublimant ses représentations pour sauver la bordotique Young-Goon de la forclusion du réel. En effet, la rencontre, dans l'Amour, d'une traversée par la parole fantasmatisante(métempsychose) et d'une traversée par la métonymie du manque-à-être (désir débordotisant) dépasse la fin d'un monde incompris pour se jeter dans l'incompréhension d'un monde renaissant. Ces travers sont des trajets transhumanistes, secret du film, magnifiquement incarné par l'évolution de Young-Goon : “I'm not a psycho, I'm a Psyborg !”. Ce n'est pas une question de sens, c'est une question de jouis-sens... Ajoutez-y un massacre à la John Woo, de la féérie à la Tim Burton, une palette humoristique interminable et une fin aussi savoureuse que pleine de promesse, et vous avez un trésor de scènes anthologiques doublé d'un puits d'appuis psychiques. Bien sûr la profondeur artistique aurait pu être encore plus insondable (comme dans Old Boy), bien sûr la question de la jouissance reste en plan, mais, au final, quelle image n'est pas jubilatoire, quelle émotion n'est pas divinatoire ? Ici, on touche à un certain degré de perfection : celui de la limpidité, éclat de dire, éclair du vrai.


...In progress...


Traverser verser l'entrave entre l'avec et l'entrée vers ces antres de l'attrait en train hanté par

l'Humain

Lu : main-

tenant atteint le tracé entassant les teints ressassés assez ratés datés tassés en traits très

Inhumain

Y-nu-m'in-

time le sublime l'infime immédiat idéal des mi-dits infinis d'un fini libidinal insu inique à nid

Transhumain

Transe hume un

désir désert des airs des ires des ères des arts des ors hors des heures dardées d'aise et

l'Inédit

Lit n'est di-

vers gens d'agents vierges de verges en vengeance d'engeance d'ange encensé en sens et

Dansant

Dans sang

blanc plein d'encre en clin d'½uvre coin de cran d'écran d'écrins en créant l'ancre des biens en

Transfert

Trans-faire

avec l'équivoque qui vaque à l'hic des qui vogue de vagues en vigueurs d'envies de vies à vide

Illuminé

Il eût miné

le retour retord et l'erre se tord de torts en tirs de trop de tris étriqués et triés à la traque étrillée

d'Humain

Du moins.


# Posté le lundi 18 février 2008 18:04
Modifié le vendredi 29 février 2008 15:21

292 - Women in Art, by P. S. Johnson (2007)

Digital Art : les Miracles du Morphing
# Posté le samedi 16 février 2008 09:25

291 - Qu'est-ce qu'un Pauvre ?

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Dissertation philosophique

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Introduction (P.01) :

« La pauvreté est la joie endeuillée de ne jamais être assez pauvre. » - Martin Heidegger, Die Armut

Un récent sondage d'opinion, effectué à Guangzhou (Canton), révèle une évolution dans les "valeurs" sociales, particulièrement symptômatique de notre époque : en quelques années, la richesse est devenue "plus importante" que l'Amour, pour les Cantonais. Ce constat dénote le fait que la mondialisation de l'hyperconsommation tend à pousser la majorité des hommes à baser leur vie sur la richesse comme possession matérielle.
A l'opposé du riche, compris comme celui qui possède, le pauvre paraît avant tout être privé de quelque chose, il lui manque quelque chose. Mais cette privation n'est pensable que dans un rapport à un état qui serait "normal", donc dans un rapport à autrui. Le pauvre manque de quelque chose car il n'a pas ce qu'il "doit" avoir, ou ce que l'autre (le riche) a. Dans une société, certaines normes classent les uns comme pauvres et les autres comme riche (ou, ni l'un ni l'autre : c'est être "dans la norme"). Mais, si la pauvreté peut-être définie selon l'avoir (matériel ou non : le pauvre est aussi celui qui manque de ressources), elle est d'abord vécue, c'est-à-dire ressentie : qu'il ait de la pitié ou du mépris, l'autre peut me "démunir"; je peux me sentir "nu", pauvre.
Cependant, celui que se sent pauvre peut aussi le sentir par rapport à soi, à son état (physique et/ou psychique) : le pauvre est aussi celui qui est dans le besoin. A ce moment là, nous pouvons nous demander si le pauvre est d'abord celui qui ne possède pas, ou s'il est plutôt celui qui est possédé; est-il d'abord pauvre par rapport à lui ou par rapport aux autres ? Cela nous amène à une question plus fondamentale encore : le pauvre n'est-il pas, avant tout, celui qui manque d'être ?


Développement (P.02-16) :

Si ce sont les sociologues qui étudient la "pauvreté", c'est simplement parce que le pauvre se définit d'abord socialement. Ainsi, les hommes vivent ensemble, dans les sociétés, et ne possèdent jamais exactement les mêmes choses. Le souci de l'inégalité des possessions a toujours, semble-t-il, été politique : la cité, pour trouver l'équilibre, doit faire attention à ce qu'un maximum de citoyens soient heureux, donc à ce qu'ils ne se sentent pas pauvres, par rapport aux autres. En outre, les sociétés ambitionnent généralement d'éviter le plus possible que les hommes soient dans le besoin. C'est pourquoi l'enjeu politique est double : faire en sorte que les hommes ne soient possédés ni par la nécessité, ni par les autres.
[...P.02-06 : Platon, Aristote et Hegel...]

Pour Hegel, manquer de reconnaissances sociales, c'est manquer de ressources, c'est-à-dire être possédé par la société. Mais, en cherchant des solutions à la pauvreté sociale, Hegel sent qu'il y a des failles dans sa conceptualisation. En effet, la dimension politique (au sens le plus large) néglige la base même des universalisations : le rapport du maître et de l'esclave n'a pas seulement le travail pour enjeu, elle est aussi du ressort d'un désir. Nous verrons alors que la pauvreté socio-politique (de l'ordre de l'avoir) dépend de la pauvreté érotique (de l'ordre de l'être).
[...P.02-10 : Hegel, Platon et Lacan...]

Pour le pauvre, le passage de l'être à l'avoir se fait par le non-avoir : être dans la parole, c'est d'abord être sans ressources. Du non-avoir à l'avoir, c'est-à-dire de l'aporie au social, autre chose entre en compte : la liberté. Pour Hegel, la pauvreté sociale (qui équivaut à une pauvreté politique) est dans l'exclusion. Parler librement amène au moins la possibilité d'être-au-monde (exclu ou inclus). Il ne reste plus alors qu'à revenir au point d'échec de l'obsessionnel (la "pauvreté symbolique" liée à la mort) pour comprendre le passage de la pauvreté sociale à la "plus riche" des pauvretés : l'Endeia, pauvreté matérielle.
[...P.11-16 : Diogène (Cyniques), Heidegger et Nancy...]


Conclusion (P.16) :

La pauvreté est le sens de la vie : ouverture à l'Amour (par le désir) et à la mort (par la finitude). Mais, "le sens indique la direction vers laquelle il échoue" (J. Lacan, S. XX - Encore) : la pauvreté ne peut être absolue car elle est toujours déjà un indice de richesse. Le pauvre est au moins riche de la vie, du mouvement.
Un pauvre, c'est un homme dénué de dénouement et doué d'un dehors. Un pauvre, c'est quelqu'un qui, manquant d'être, advient au désir par métonymie, et, manquant de ressources, advient à l'Amour par métaphore : pauvreté inconsciente. Un pauvre, c'est quelqu'un qui, manquant d'avoir, advient à la conscience par la parole, et manquant d'équilibre, advient au monde par la liberté : pauvreté sociale.
Un pauvre, enfin, c'est un homme dépossédé (de son corps, de ses repères, de son univers) et possédé (par la mort, le travail, les autres) : il est tenu 'entre-deux-nus', sa présence et sa nécessité. C'est la pauvreté matérielle.
La richesse est limitée par l'insatisfaction (de la vie) et par l'avenir (de l'existence). C'est pourquoi, être riche absolument, ce serait être pleinement là, parfaitement équilibré : ce serait être Dieu. Alors, s'il y a un bonheur humain (si l'homme peut l'atteindre), il n'est pas eudémoniste car il est (au moins un peu) déséqulibré... par le hasard, pauvreté infinie...


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Ma copie en intégralité : ...

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Note : 12(?)/20.
A améliorer : la clarté et la distinction sémantique, la représentation du pauvre, l'aspect déchet.

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# Posté le vendredi 08 février 2008 17:55
Modifié le dimanche 23 mars 2008 13:23